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20 & 21 Mai 2017 : "Don't Mess With Chicago" de  Empire Conventions à Paris

Source : I Am That Girl Book

Date : Février 2014

 

    Ma chère amie, mon âme sœur, la fille qui peut finir mes phrases avant que je ne le fasse, Alexis Jones m'a téléphoné pour me poser une question. Est-ce que j’écrirais l'avant-propos de son livre ? Je ... euh ... Est-ce que je quoi ? Qu'est-ce que je dirais ? Où commencerais-je ? Que pouvait-elle bien penser ? La houle de la peur et le doute de soi-même ont commencé à s'installer presque aussitôt. Je me suis retrouvée à dire, "Je serais très honorée" au téléphone tout en essayant de ne pas vomir en même temps. Elle m'a fait des compliments incroyablement puissants, me disant quelle lumière je suis dans sa vie et dans les vies des filles à qui je parle tous les jours. A quel point ma passion et ma perspective signifient beaucoup pour elle et à mon audience. Quelle guerrière courageuse je suis pour les filles. J'ai entendu les mots, mais aucun d'eux ne pouvaient passer à travers la panique qui m'avait très vite enveloppée. Vous vous souvenez du film Bubble Boy ? Je me suis sentie comme cet enfant, coincé dans une bulle en plastique. Mais ma bulle était remplie de toutes mes peurs les plus intimes et mes plus profondes incertitudes. Elles criaient des choses comme, "Je suis plus forte sur le moment ! Comment je m’assiérai et écrirai quelque chose sans être inspirée sur le moment par un problème mondial, une tempête sur twitter, ou une injustice en train de se faire quelque part ? Je suis mauvaise avec un morceau de papier vierge. J'ai besoin de paramètres. J'ai besoin ..." Et puis j'ai commencé à rire. C'était lent, et ensuite c'est devenu bizarre. Je rigolais hystériquement, toute seule dans ma maison, avec mes chiens qui me regardaient comme si je devenais folle.

    Vous voulez savoir pourquoi j'ai rigolé ? Parce que j'ai réalisé que j'étais en plein milieu de mon propre grand problème. La haine entre les filles est une épidémie. Et dans ce cas, c'était ma propre critique haineuse envers moi-même. Les grands doutes. La spirale de honte. Ces choses venaient toutes de moi-même. Et je me suis rappelée de quelque chose que mon amie Jo aime dire quand n'importe laquelle de ses amies se critique elle-même. "Hey. C'est de ma meilleure amie dont tu parles comme ça." C'est incroyable de voir les filles réagir à cette déclaration. Ouais, tu dis certaines choses vraiment négatives à propos de ma meilleure amie. Cette amie c'est tout simplement toi. Pourquoi nous nous aimons pas nous-mêmes de la façon dont nous aimons nos amies, mesdames ? Parce que je sais que je mourrais pour mes meilleures amies. Je courrais dans un bâtiment en feu, je ferais face à l'adversaire le plus effrayant, et je pousserais mes limites encore plus loin que je ne pensais aller pour n'importe laquelle d'entre vous. Donc pourquoi pas pour moi ?

    Il y a plein de théories qui font que cela arrive. Comment la société nous entraîne à nous rabaisser. Comment nous sommes opposées les unes aux autres dans une certaine compétition imaginaire qui devient de plus en plus réelle au fur et à mesure que nous y jouons. Comment nous sommes simultanément hyper-sexualisées et diabolisées pour notre sexualité. Comment nous sommes critiquées pour être trop grosses, trop maigres, trop féminines, trop hommasses. Nous nous faisons rabaisser trop souvent. Et non seulement nous encaissons, mais nous critiquons. Et bien, devinez quoi ? Tous ça c'est terminé. Terminé. Encore une fois ... criez-le avec moi ... T-E-R-M-I-N-É. Passons au-dessus de ça, jetons l'éponge, et allons manger ensemble à la place, pouvons-nous ?

    Maintenant, pour comprendre mon avis, j'ai besoin de vous ramenez toutes en arrière. Vraiment en arrière. A l'université. Il y a un peu plus d'une décennie - une décennie qui, je dois dire, est passée en un flash mais qui en même temps a pris 100 ans à passer - j'étais une étudiante à l'Université de la Californie du Sud. Je suis arrivée à l'USC venant d'un incroyable, et incroyablement dur, lycée pour filles nommé Westridge. Je suis arrivée à l'université franche, très éduquée, à l'abri, complètement confuse, et très ouverte d'esprit. Mais pas sans jugement. Les filles de sororité ? Stupides. Animaux de fêtes. Qui ne seront jamais mes amies. Jusqu'à ce que je découvre que l'une de mes filles préférées venant de ma ville soit dans l'une d'elles, et elle était quand même une philanthrope, enfant prodige et superstar académique. Elle m'a encouragé à voir au-dessus des stéréotypes. Est-ce qu'il y avait des fêtardes dans des sororités qui étaient seulement à l'université pour obtenir ce que certaines filles appellent un niveau "MRS" ? Bien sûr. Mais pourquoi cela m'affectait-il ? Il y avait aussi beaucoup de filles brillantes, motivées, cultivées, et culturellement variées, poursuivant le monde universitaire tout en ayant des programmes d'activités sociales chargés. Quel mal y-avait-il là dedans ?

    J'ai été influencée par les études de grandes envergures et les ressources incluant les étudiants de dernière année capables de vous apporter leur aide avec leur travail. J'ai aussi été influencée par la façon dont les maisons étaient plutôt similaires à celles de l'école d'où je venais. Des grands groupes de filles cools, passant du temps sur les pelouses devant les maisons de sororité de la même façon dont je passais du temps dans la cour de Westridge. Et, par la suite, je suis devenue une fille de sororité. C'est à l'USC que je suis devenue la présidente de la philanthropie pour la première fois - un titre que j'ai gardé pendant deux ans - et j'ai appris a donné toute ma motivation à des causes. C'est là que j'ai appris à trouver l'équilibre en étant une étudiante d'honneur avec une bourse d'étude académique avec les week-ends passés à encourager nos équipes sportives préférées, allant à des cérémonies, et découvrant qui j'étais loin du filet de sécurité de la maison. J'ai fait des erreurs. J'ai eu de grands succès. J'ai eu le cœur brisé - complétement anéantie - mais j'ai moi-même brisé quelques cœurs. C'était glorieux, stupide, inspirant, compliqué, motivant, puéril, et oh tellement enrichissant. C'était la vraie vie parce que c'était gris et fluide et ça changeait sans cesse. J'ai appris à mettre mes jugements de côté. J'ai appris à m'accepter - à accepter TOUT de moi. Le bon, le mauvais, et ce qu'il y a entre les deux. Et, quelque part dans l'amour et la joie et l'évolution à l'université, j'ai rencontré Alexis Jones. Vous ne voyez peut-être pas Lex en tant que "fille de sororité" aussi. Et bien, nous sommes pourtant des sœurs de sororité. Et meilleures amies. Dans un endroit qui pourrait sembler être un chaudron d'intimidation et de critiques entre filles, je me suis fait une amie pour la vie. Je savais qu'elle était spéciale à l'époque. Elle était magnétique. Motivée. Enthousiaste à propos de tout. Une vraie lumière éblouissante. Et elle est toujours toutes ces choses.

    Nous nous sommes éloignées pendant un moment. Vivant l'une et l'autre à l'opposé du pays et ayant des emplois du temps complètement différents, tout ça a fait que nous nous sommes perdues de vue. Elle travaillait afin de créer un buzz pour cette idée à laquelle elle ne pouvait pas s'arrêter de penser : Comment faire un grand impact sur les filles ? Et de mon côté, je poursuivais mes rêves dans ma première longue série télévisée, One Tree Hill. Elle construisait un mouvement dans la côte Ouest, et je trouvais ma voix en dehors du travail dans la côté Est, commençant à m'impliquer dans des causes partant de l'environnement jusqu'à l'enseignement. J'ai remarqué que la plupart des conversations que j'avais, je les avais avec des jeunes femmes. Et ensuite quelque chose d'excitant s'est produit. Lex et moi étions toutes les deux dans un mail d'une amie en commun qui nous a écrit dans son message, "Je sens que vous devriez déjà être meilleures amies." Et nous avons rigolé, parce que nous l'avions été. Soudainement nous étions de retour où nous avions commencé, mais maintenant nous étions adultes. Maintenant nous étions en train de poursuivre les rêves et luttions contre les problèmes auxquels nous avions pensé il y a des années dans nos lits jumeaux après les cours à l'université. Maintenant nous étions vraiment en train de vivre nos rêves. Nous nous sommes senties comme des adultes complètement formées. Et nous avons pu le faire ensemble. Nous le faisons encore. Je suis plus que chanceuse de l'avoir dans ma vie. Je pense que nous le sommes toutes, mesdames.

    Lex a toujours été l'une des filles qui soutient les autres. Et elle a mis le doigt dessus en nous appelant toutes concernant un problème majeur. Nous devons nous soutenir les unes les autres et nous-mêmes aussi. Mesdames, nous avons besoin de collaborer, pas de rivaliser. Nous devons nous défendre les unes les autres, envoyer des high-fives à travers le Web Mondial, et donner des high-fives en personne. Nous devons nous rallier autour des autres dans les moments de joie et les moments de tristesse. C'est peut-être l'âge des monstres anonymes d'Internet nous insultant, mais nous pouvons être le changement. Nous pouvons dire non à tout ça. Et nous pouvons commencer un mouvement dans nos propres jardins. Nous pouvons être celles qui disent 'Non merci' aux commérages et 'Oui s'il vous plaît' aux amitiés. Quand nous commençons à féliciter les filles autour de nous, quand elles obtiennent la meilleure note de la classe à un test, quand elles décrochent des emplois incroyables, quand elles ont des belles familles - peu importe ! - nous commençons à soulever ces filles et nous-mêmes. Quand nous tendons la main dans les moments difficiles, quand quelqu'un a perdu un amour, a échoué à un examen, a manqué une opportunité dont elle rêvait - n'importe lequel - nous montrons que les filles peuvent être les colonnes vertébrales de chacune plutôt que la source de douleur de chacune.

    C'est de ça que ce livre parle - commencer un mouvement avec des amies tout comme avec des étrangères. Lex met en place un ton pour nous. Elle nous rappelle que nous pouvons baisser l'armure que nous portons et s’unir au lieu de se battre. Nous pouvons toutes être CETTE FILLE. Celle qui est géniale et qui prête une oreille ou une main en cas de besoin. Celle qui est tellement inspirante que ça nous donne envie d’être meilleure. Celle qui est tellement vulnérable et honnête à propos de ses sentiments qu’elle nous motive à regarder à l’intérieur et découvrir qui nous sommes réellement, ce que nous voulons vraiment, et de quoi nous avons peur. Nous SOMMES chacune cette fille, si seulement nous nous l’autorisons à l’être. Parce que, soyons honnêtes mesdames, nous avons toutes peur. Nous sommes toutes confiantes. Nous sommes toutes des guerrières sur cette route de la vie, et nous sommes toutes confuses parfois. Les filles sont des êtres à multi-facettes, compliquées, à plusieurs couches, et sensibles. Qui de mieux que les autres filles pour nous comprendre ? Soyons les amies et sœurs que nous méritons. C'est ce que je souhaite pour vous. Pour moi. Pour nous toutes. Que nous pouvons être des amies aux filles que nous connaissons et celles que nous ne connaissons pas. Que nous arrêtons de juger les autres filles. Pour tout. Nous devrions soutenir les mères au foyer autant que nous soutenons les mères qui travaillent. Nous devons montrer notre soutient envers les filles qui sont juste comme nous et celles qui ne pourraient pas être plus différentes de nous. Nous avons tellement à apprendre les unes des autres, tellement à gagner des perspectives de chacune, et tellement d'amour à partager. Nous devrions nous souhaiter le meilleur les unes les autres - toujours. Laissez-moi le dire encore. Toujours, mesdames, toujours ! Plus de jugement. Plus de commérages. Et plus d'observation dans le miroir en étant méchante envers cette fille. Traitez tout le monde, ainsi que vous-mêmes, comme si elles pouvaient être vos meilleures amies. Oui, avec autant de gentillesse.

    Il y a un terme Gaélique qui semble fonctionnait pour ce vœu. C'est Anam Cara. Cela signifie "un ami de l'âme". Dans la tradition Celtique, un Anam Cara est un professeur, un compagnon, ou un guide spirituel. Avec un Anam Cara, vous pouvez partager votre facette la plus intime pour révéler vos intimités cachées de votre vie, votre esprit, et votre cœur. Cette amitié passe à travers toute la convention afin de créer un acte de reconnaissance et une appartenance qui joint des âmes d'une façon antique et éternelle. Quel terme. Quel idée ! Vous entendez ça ? Un ami de l'âme. Soyons des âmes sœurs, mesdames. Nous le méritons. VOUS le méritez.

Sophia Bush

© Traduction de Wonderful Sophia Bush